Endométriose et YogaÀ mon retour d’Inde en janvier 2018, j’ai appris que je souffrais d’endométriose. 15 ans de retard de diagnostic. Un mot, le nom d’une maladie, qui explique enfin tant de choses.

J’ai alors reçu dans mon entourage des témoignages de femmes également touchées, qui m’ont permis d’avoir tout de suite une approche douce et bienveillante de la maladie. En complément d’un accompagnement médicalisé, j’ai rapidement voulu avoir une approche naturelle de l’endométriose, grâce notamment au yoga et à l’ayurvéda. Je ne prétends donc aucunement donner des conseils médicaux en mon nom, simplement partager les pistes qui sont venues à moi, et que je vais probablement creuser dans mon propre parcours. À la fin de cet article, vous pourrez trouver toutes les ressources et évènements utiles.

L’endométriose, quésaco ?

L’endométriose a longtemps été taboue. La maladie des femmes, la maladie des règles, du sang, cette maladie qui nous rend « hystérique » plusieurs jours par mois, parfois même en dehors des règles. Saviez-vous que le mot « hystérique » vient du mot « utérus » ? On dit même que pendant des siècles, les femmes que l’on accusait d’hystérie souffraient peut-être déjà de cette maladie.

Des millions de femmes en souffrent en France : 1 à 2 femmes sur 10 plus exactement.

Il y a autant d’endométrioses que de femmes atteintes : certaines souffrent chaque jour même en dehors des jours de règles, d’autres n’ont au contraire aucune douleur. Certaines auront des douleurs localisées dans les jambes, d’autres dans le dos. Environ la moitié aura des difficultés à avoir des enfants. Beaucoup auront des problèmes digestifs, parfois très invalidants. Selon les femmes, les adhérences de l’endomètre se situent à des endroits aussi variés que les ovaires, la vessie, le rectum, le diaphragme voire même le cerveau. Certaines devront se faire opérer, d’autres surtout pas pour ne pas aggraver les choses.

Voilà pour le descriptif global. Et si l’on y regarde de plus près, on observe également qu’il y a tout autant de façons différentes d’appréhender la maladie. Traitement hormonal, ménopause artificielle, anti-inflammatoires en dose de cheval…le quotidien des femmes atteintes d’endométriose est souvent un joyeux cocktail de molécules chimiques qui viennent atténuer les symptômes de la maladie. On dit qu’il n’existe pas de guérison possible à ce jour, malgré les recherches en cours (mais certaines femmes réussissent heureusement à ne plus en souffrir, ou un peu moins).

J’ai été surprise de constater l’errance médicale de cette maladie. Non seulement le diagnostic tarde à tomber (7 ans en moyenne, 15 ans pour ma part), mais le parcours du combattant démarre réellement à l’annonce du-dît diagnostic. Il y a assez peu de spécialistes de l’endométriose en France, pays qui est apparement assez en retard par rapport à ses pays voisins. Il faut donc du jour au lendemain « balayer » les gynécologues ou autres spécialistes qui vous suivaient jusque là pour les remplacer par des spécialistes de l’endométriose et ainsi assurer un suivi sans danger. J’ai trouvé cette étape particulièrement compliquée. Heureusement, j’ai fini par trouver la perle rare, qui sait écouter et qui est ouverte aux thérapies alternatives. Mais cela m’a coûté plusieurs heures de recherche, de doutes, et surtout des euros (la qualité se paie semble-t-il).

Incredible…India

Avant de vous présenter les pistes Yoga & Ayurvéda qui se sont présentées à moi ces derniers mois, je tenais à vous raconter la petite histoire de mon voyage en Inde.

Je suis partie presque un mois en janvier 2018, pour m’immerger dans la pratique du yoga « aux sources ». Toujours est-il que, lorsque vous voyagez dans un tel contexte, dans 3 écoles de yoga différentes, vous changez pas mal vos habitudes.

Souvenir d'un cours de yoga en Inde - janvier 2018
Souvenir d’un cours de yoga en Inde – janvier 2018

Alors certes, j’avais déjà un pied dans ce mode de vie :  végétarienne depuis 8 ans, élève et enseignante de yoga, sensibilisée à l’ayurvéda depuis plusieurs années, et très branchée thérapies alternatives (sinon ce blog n’existerait pas). Mais là, en Inde, tout a été poussé au maximum : lever à 5:55 chaque matin 7 jours sur 7, 6h de pratique du yoga par jour en moyenne, des cours de danse, de méditation, de philosophie, et surtout, une alimentation traditionnelle indienne. Végétarienne bien sûr, mais également sans produits laitiers, très peu de gluten, une variété d’aliments incroyable et surtout un panel d’épices délicieuses. Le paradis.

Au bout de deux semaines, je ressentais déjà les changements en moi. Au niveau digestif, hormonal, émotionnel, dermatologique, et surtout au niveau de mes douleurs lombaires et cervicales. TOUT allait mieux, ce qui n’était pas arrivé depuis…des années. Et 5 jours après mon retour, BIM, l’annonce de l’endométriose. Je fais le lien, forcément, avec ce qui n’allait pas pendant toutes ces années. Je prends alors rendez-vous avec une spécialiste de la maladie, qui, chose rare, connaît l’ayurveda, et m’explique que oui, l’Inde m’a aidée, même en quelques semaines, le yoga et l’alimentation ayurvédique ont probablement « réparé » des choses en moi. Wahou. J’en suis à me demander si mon mode de vie (plus ou moins) yoguique depuis plusieurs années ne m’a pas aidé à empêcher la maladie de trop se développer. Je l’espère, et j’y crois un peu au fond de moi. Alors, forcément, je me dis que je vais continuer sur cette lancée, et surtout rechercher si tout cela est fondé, et si d’autres ont déjà emprunté ce chemin…

La réponse est oui. Le jour de l’annonce, un peu sonnée, j’en parle sur mon compte Instagram dédié au yoga. Et là, non seulement je vois que je suis loin d’être la seule, mais en plus certaines ont déjà pris ce chemin. Je ne les remercierais jamais assez pour leurs messages et leurs conseils, qui m’ont aidé à ne pas sombrer dans le pathos Doctissimo (C., si tu passes par là !).

Je n’ai pas encore le recul nécessaire pour pouvoir dire si le yoga et l’ayurvéda m’aident à réduire l’évolution de la maladie, car je n’en suis qu’au début de ce long chemin. Quasiment 1 an après l’annonce, j’ai encore de nombreux examens à réaliser pour en savoir plus sur ce qui est en moi. Mais le quotidien est clairement plus doux grâce au yoga, à l’alimentation, et à l’ayurvéda. Je tenais à partager avec vous les ressources glanées ici et là, qui peuvent aider toutes les femmes atteintes d’endométriose et qui souhaitent se tourner vers cette approche douce de la maladie.

Le yoga

Je pense sincèrement que le yoga, et plus particulièrement le yin yoga, peut être d’une grande aide pour soulager les tensions liées à la maladie. En effet, les bienfaits de la fasciathérapie (en ostéopathie) ont déjà fait leurs preuves pour soulager l’endométriose. Or, il se trouve que toute la méthode du yin yoga, où l’on tient les postures de très longues minutes, se base sur le relâchement des fascias, ces fameux tissus organiques qui soutiennent nos organes et relient nos muscles, ligaments, et tendons, formant ainsi une immense toile de collagène spongieux.

Selon la période de votre cycle, selon vos besoins, votre santé, tous les types de yoga vous soulageront si vous trouvez celui adapté à votre état du moment. Observez, écoutez-vous, allez fouillez en vous ce qui pourrait réellement vous faire du bien. Peut-être qu’une longue séance dynamique va vous permettre de reprendre confiance en vous, oublier les douleurs, et nettoyer votre organisme. Mais peut-être que vous avez aussi juste besoin de vous caler sur des coussins et des bolsters en Supta Baddha Konasana pendant 15 minutes, et de faire un pranayama apaisant tel que Nadi Shodhana (la respiration alternée). En un mot : explorez.

Posture Supta Baddha Konasana
La version de Supta Baddha Konasana adaptée pour les menstruations, par la yogini et dessinatrice Iyengar Yoga Notes

Une petite mise en garde : il peut être tentant de se lancer dans « l’hormone yoga-thérapie« , une méthode passionnante fondée par Dinah Rodriguez, à propos de laquelle j’avais rédigé un article (à relire ici). Toutefois il vaudrait mieux éviter car cette pratique va venir augmenter votre taux d’oestrogènes, ce qui est contre-indiqué en cas d’endométriose (le taux étant déjà en excès pour la majorité des femmes concernées).

Pendant vos règles, évitez également les inversions et torsions trop intenses. Ménagez-vous un peu plus que d’habitude. Favorisez le travail sur le souffle vital Apana Vayu, qui va venir favoriser l’élimination : pour cela, privilégiez les postures allongées, jambes croisées, ou de renforcement des jambes.

Voici également quelques ressources de yoga pour l’endométriose que j’ai pu glaner ici et là :

L’ayurvéda et l’alimentation

L’ayurvéda est le système de médecine de l’Inde, vieux de plus de 5000 ans. Qui dit ayurvéda dit « équilibre » : équilibre à trouver en soi, avec le monde qui nous entoure, nos relations, notre travail, etc. Cet équilibre se base sur les trois énergies vitales (doshas) qui sont en nous à différents degrés, grossièrement : Pitta (le feu), Vata (l’air) et Kapha (la terre). Ces énergies se trouvent également dans ce qui nous entoure, ce que nous mangeons, buvons, ou les soins que nous nous apportons. Ainsi, en privilégiant un aliment plutôt qu’un autre, une huile, une routine, un environnement de travail, on va venir équilibrer nos doshas et ainsi retrouver la santé. Mais pour cela, il faut déjà se connaître, et découvrir notre constitution de base (prakriti), ainsi que nos déséquilibres actuels et accumulés au fil du temps.

Tri-Doshas

Personnellement, je m’intéresse à l’ayurvéda depuis des années, mais ce n’est seulement depuis quelques semaines que je commence à vraiment me connaître et à comprendre ce qui pourrait réellement me rééquilibrer. C’est un long chemin sur lequel je ne peux que vous conseiller d’être accompagné.e par un.e thérapeute en ayurvéda. Les tests que vous trouverez sur internet ou dans les livres ne seront jamais aussi efficaces qu’une réelle consultation (comptez entre 1h30 et 2h) avec un suivi.

Cette introduction faite, et pour en revenir à nos moutons – l’endométriose -, voici quelques pistes à creuser que je souhaiterais vous partager. L’endométriose en ayurvéda serait un problème de stagnation des flux, lié au dosha Kapha (la terre). Tout l’art viserait donc à améliorer la circulation des flux dans le corps, et donc à renforcer le dosha Vata (l’air) dans la direction d’élimination vers le bas du corps (Apana Vayu et les postures de yoga adaptées dont je vous parlais tout à l’heure). L’endométriose serait également un trouble Pitta dans le sens où le flux s’épaissit, et que la maladie se manifeste plus particulièrement pendant l’âge Pitta de la femme, entre la vingtaine et la quarantaine. L’utérus, source de l’endomètre, est également un organe lié à Pitta… Nous voilà donc avec une brève description de la maladie selon l’ayurvéda. Cela étant dit, la façon de gérer la maladie, et donc d’équilibrer vos doshas, sera différente selon chaque personne. C’est pourquoi je pense qu’il est important de ne pas trop s’aventurer sur ce sujet sans accompagnement adapté et personnalisé.

En revanche, il existe une piste essentielle pour apaiser l’endométriose : la baisse de l’inflammation dans le corps. En dehors des anti-inflammatoires de synthèse, il existe de nombreuses astuces pour réduire le niveau de l’inflammation, qui est en lien direct avec les douleurs de l’endométriose. La principale : l’alimentation !
  • première étape : identifiez tous les aliments inflammatoires dont vous vous nourrissez au quotidien (gluten, certains produits laitiers contenant de la caséine, café, sucres, viandes, alcool, etc.). Entraidez-vous, rejoignez le groupe Facebook Endogirls nutrit : Endométriose – Gère TA douleur par l’alimentation (dont je parle plus bas) ;
  • deuxième étape : éliminez les aliments que vous avez identifiés ! Allez-y à votre rythme, peut-être en commençant avec un aliment puis deux, en vous autorisant des « écarts », et en observant les bienfaits pour votre corps ;
  • troisième étape : savourez ! Personnellement, pour rien au monde je ne reviendrais en arrière. Je n’ai pas encore tout réglé, mais depuis ce voyage en Inde avec une alimentation quasi anti-inflammatoire, je ne me suis jamais sentie aussi bien sur beaucoup de plans. Et je sens, quand je fais des « écarts » (même si je n’aime pas tellement ce terme), que tout se dérègle à nouveau.
Et l’ayurvéda dans tout ça ?
Dans cette démarche vers une alimentation anti-inflammatoire, l’ayurvéda peut également vous aider. La pharmacopée ayurvédique regorge de plantes et épices aux vertus anti-inflammatoires : safran, curcuma, gingembre, clous de girofle, boswellia, etc.
À terme, l’idéal serait de s’essayer à Panchakarma, LA cure ayurvédique par excellence. C’est au programme pour moi dans quelques années !
Voici également le blog inspirant sur d’une femme atteinte d’endométriose qui a réalisé des traitements ayurvédiques en Inde, et qui partage ses témoignages jour après jour.

Pour vous initier à l’ayurvéda, voici deux ouvrages que je vous recommande chaudement :

  • « Le livre de l’ayurveda : Le guide personnel du bien-être » (Judith-H Morrison )
  • « Ayurvéda : sciences de l’auto-guérison » (Dr. Vasant Lad)

Les femmes et communautés inspirantes

Un article signé Tiphaine 

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